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Stratégie de contenu
Le briefing, ce petit truc qui peut
vous coûter de l’argent
Selon BetterBriefs, jusqu’à un tiers des budgets marketing mondiaux seraient gaspillés chaque année à cause de briefs mal conçus.

Yannick Silvente
Stratège contenu - Fondateur
4 min
Brief
2026
Les chiffres sont brutaux. 90 % des marketers et 89 % des agences reconnaissent qu’il est difficile de produire du bon travail créatif sans un bon brief (BetterBriefs, 2021). 80 % des marketers pensent rédiger de bons briefs. Seulement 10 % des agences sont d’accord. Selon BetterBriefs, jusqu’à un tiers des budgets marketing mondiaux seraient gaspillés chaque année à cause de briefs mal conçus.Autrement dit : ce qui devrait être la pièce maîtresse de la relation client-agence est devenu son maillon faible. Et ce n’est pas une question secondaire. Dans un contexte où chaque euro investi en communication est scruté, un brief médiocre peut coûter plus cher qu’une mauvaise campagne.
Un bon brief, ce n’est pas un template. C’est la traduction claire d’une stratégie. Or, 95 % des briefs échouent à donner une direction stratégique solide à l’agence (IPA). Pourquoi ? – Parce que la stratégie n’existe pas encore : trop d’entreprises utilisent le processus créatif pour clarifier leur stratégie au lieu de l’avoir en amont. – Parce qu’elle n’est pas formulée de façon intelligible : PowerPoint de 50 pages, jargon et contradictions internes.Résultat : les agences passent leur temps à deviner ce que veut vraiment le client. C’est comme partir en expédition avec une carte incomplète et se plaindre de ne jamais arriver au bon endroit.
Quand une marque envoie un brief confus, elle ne paie pas seulement en heures perdues.
Elle paie en :
– créativité affaiblie : les idées tournent à la “réponse à tout”, sans angle clair ;
– démotivation des équipes : refaire, réexpliquer, réorienter épuise ;
– temps perdu : cycles d’allers-retours interminables ;
– budgets gaspillés : jusqu’à 30 % des investissements partis en fumée (BetterBriefs).
À l’échelle mondiale, cela représente plusieurs dizaines de milliards d’euros par an. Un coût invisible, mais colossal.
Un bon brief n’est pas long. Il est clair. Il s’appuie sur trois piliers :
Une cible précise – pas “les millennials”, mais un portrait contextualisé de qui, pourquoi et comment ces personnes décident.
Un positionnement distinctif – trois mots mémorisables valent mieux qu’un diaporama de trente.
Un objectif réaliste – mesurer une action concrète, pas une liste de vœux pieux.
Autour de cette colonne vertébrale, viennent un message clé et des preuves tangibles. Rien de plus. Comme disait John Hegarty : “Écrire de mauvais briefs, c’est la manière la plus coûteuse d’écrire de la publicité.”
Et pourtant, même un bon brief écrit peut échouer si le briefing oral est négligé. Rappelons qu’un brief n’est pas un fichier. C’est un moment de partage.
– 70 % des marketers reconnaissent que leur processus de briefing manque de structure.
– Trop souvent, les briefs sont envoyés par mail, sans discussion, sans énergie.
Le briefing, c’est l’occasion d’immerger l’agence, de créer une compréhension commune, de générer de l’enthousiasme. Ne pas le faire, c’est saboter ses propres chances avant même de commencer.
Un bon brief ne garantit pas le succès. Mais un mauvais brief garantit l’échec. Si on prend au sérieux la question du ROI, alors il est temps de regarder là où les pertes se jouent vraiment : en amont.Clarté stratégique, simplicité des objectifs, précision de la cible, qualité du briefing : ce sont ces détails, souvent considérés comme de la “paperasse”, qui font la différence entre un budget dilapidé et une campagne mémorable. Le brief est un investissement. Et comme tout bon investissement, il rapporte à la hauteur de ce qu’on y met.
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